Fait de la vie courante

  Le trou-chauSSette

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     La personne claudicante parvenait enfin à atteindre le comptoir situé comme un fait exprès au fin fond de la pièce pour s'entendre dire par la femme en blouse blanche :

 

"La pommade prescrite n'est pas remboursée, vous la prenez quand même ?"

 

Comme si la personne s'était déplacée par plaisir pour rendre une visite de courtoisie à son médecin. Non, elle souffrait des pieds et le docteur attitré, le seul habilité à la soigner en avant-première, lui avait donné et prescrit cette pommade-là – parfumée Monpanard de Monpanard – qui devrait normalement la soulager, autrement il en aurait préconisé une autre. Si la potion magique ne marchait pas, si la pommade-miracle était un placebo, la personne en serait pour ses pieds ainsi que pour son argent.

 

"Bien sur que je la veux ! Vous croyez que ça s'est amélioré entre chez lui et ici ? ", grommela la personne d'allure peu commode. 

 

Pas de pot pour la personne : le nom de la pommade s'étalait en caractères gras sur la liste des "médicaments déremboursés", formule publicitaire d'avenir qui voulait dire tout simplement en raccourci que le baume n'était pas remboursé du tout et que la personne en serait de sa poche.

 

Bon, la casse était limitée : la pommade n'était pas remboursée mais la personne ne déboursait pas non plu le 1/2 euro retenu pour la boite carton dans le cas ou elle aurait été remboursée.

Sur la visite au docteur aussi l'organisme lui retiendrait un petit quelque chose. Pourtant à la visite elle avait fait fissa pour retirer ses bas à varices et expliquer son mal banal, mais cela n'entrait pas en ligne de compte. La prochaine fois, elle prendrait son temps et taillerait la causette avec l'homme de l'art.

 

Pourtant bonne pomme bonne poire, la personne tout au long de ses 160 chapelets de trimestres de travail s'était acquittée de toutes ses retenues obligatoires dites cotisations – dont la SS (Sécurité Sociale) -, et pensait avoir mis son avenir à l'abri, autrement dit à sa vieillesse et à sa santé.

 

La personne entrée en boitant bas, ressortait de chez l'apothicaire en tirant toujours la patte mais en plus maintenant elle tirait une drôle de binette vu qu'on venait de lui dégonfler son "porte-jetons". Au moins un qui était soulagé !

 

Si encore le prix du baume pouvait résorber le gouffre de la Sécu ! Mais apparemment c'était l'inverse : les baumes ne refermaient pas le trou mais avaient tendance à creuser l'écart du déficit. Des baumes sans cœurs qui creusaient de véritables esquarres dans le budget et provoquaient des ulcères d'estomac chez les "Porte-monnaie-à-plat".


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Mais voilà l'administration transvasait ses deniers dans une chaussette tricotée en fil élastique lycra ; et elle avait à faire à un vilain "trou-chaussette" : plus elle versait de pièces bouche-trou dans la chaussette, plus cette dernière s'allongeait et donc plus le trou prenait du volume. Un truc insoluble ! Si seulement elle avait pris un bas de coton.


Le pire qui pourrait arrivé c'est que cette satanée chaussette soit boulotté par le mythe de la protection, qu'elle se perce réellement et que les sous s'éparpillent aux quatre vents.

 

La personne cherchait vainement à se rappeler le mot qui définissait cette façon de cotiser pour plus tard et lorsque plus tard était enfin venu, la caisse avait disparu. Non ce n'était pas leurre ou mirage… !

Elle tenait presque le mot sur le bout de la langue mais n'arrivait pas à le sortir…

 

Il allait falloir que la personne retourne consulter le bon docteur pour qu'il lui "vende" un truc pour la mémoire.

Par daniel3 - Publié dans : 006 : Petit fait de la vie courante...
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Nuits des étoiles

 

La journée se bagarrait toute seule, divisée entre être lumière ou être ombre. Finalement, elle avait opté pour mettre fin à son jour et la nuit surprise se hâtait pour prendre la relève. Par une pirouette devenue quotidienne le bleu ciel virait en bleu nuit pour tomber ensuite dans la palette des gris.

Au ciel, l'écran noircissait de minutes en minutes et, probablement ayant peur de se retrouver dans le noir une luciole s'allumait là-haut !

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C'était un instant magnifique !

Dans une sorte de respect vis-à-vis de ce monde lointain et compliqué, un homme se tenait face à face avec son ciel qu'il avait toujours connu, mais dont il découvrait jour après jour qu'il en ignorait quasiment tout.

 

 

Il était né, doté d'un capital de quelque 36500 nuits à admirer. Certainement pas beaucoup de plus, probablement nettement moins.

 

Parfois le capital était vite rétamé et il ne fallait pas attendre la 36500ème  nuit pour découvrir ce qui se tramait là-haut. Il était temps pour l'homme d'essayer d'y voir clair avant que ses yeux ne se ferment définitivement.

 

Le compte de nuits était déjà bien entamé et il réalisait qu'il n'avait vraiment rien appris de sérieux sur ce qui se tramait dans l'univers. Les suppositions tombaient comme s'il en pleuvait. Des réponses il en avait goûté à toutes les sauces mais les certitudes ne se bousculaient pas.

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Pour sa 23750ème nuit, il admirait la voûte céleste avec ses diamants qui scintillaient sur fond velours noir.

Là-haut, la valse tourbillonnante des planètes battait son plein. Les comètes trouble-fêtes entraient dans la danse, pénétraient dans le champ de boules en essayant de ne blesser personne, faisaient trois petits tours et passaient leurs chemins.  Cela durait ainsi depuis …une éternité !

Les soleils joyeux s'amusaient à lancer des jets de lave qui retombaient en grandes éclaboussures dans la marmite.

 

Il y aurait eu un jour une forte explosion : un Big-bang disaient-ils, ceux qui n'avaient rien vu.

Et le Monde serait né !

Peut-être, peut-être pas

Ou peut-être un Monde serait mort, détruit ce jour là !

Peut-être, peut-être pas

Ce Monde serait éclaté du à la faute d'êtres en folies

Peut-être, peut-être pas

Certains affirmaient qu'un Monde compliqué serait né pour juste y déposer un couple dans un coin de globe perdu. 

Peut-être, peut-être pas

 

Des pépites d'or pressées par le Temps traversèrent, balayèrent à toute vitesse le ciel immense.


C'était vraiment très compliqué là-haut ; était-il nécessaire d'inventer tout ce chamboule tout  pour fonder un monde où les gens s'entretuent au lieu de s'aider et de s'aimer ?


Peut-être, peut-être pas

 

 

Fatigué, épuisé, l'homme finit par s'endormir.

Demain, dans sa 23751ème nuit, la solution lui apparaîtra, peut-être ou peut-être pas !


 

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Par daniel3 - Publié dans : 006 : Petit fait de la vie courante... - Communauté : Etre pour les autres.
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Le blog de daniel3 de Troyes

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La maison dite du Dauphin

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Par daniel3 - Publié dans : 009 : Une ville
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