l'étrange nuit où T L quitta l'Univers 2011

Visite guidée et privée

à bord de Météor


Ils suivaient, ils collaient le militaire au plus près, serrés, pressés, agglutinés – de peur que le dernier arrivé soit puni et privé de visite. Installés sur la calotte sphérique, le gradé envoya un ordre via la télécommande. En réponse, ils s’élevèrent sans bruit d’un mouvement doux et régulier. La nacelle ralentit puis s’immobilisa arrimée. Un fort bruit de cliquetis laissait deviner un verrouillage musclé.


Ils se trouvaient dans un sas possédant un dôme demi sphérique lisse. Un brouillard aseptisant envahissait et saturait l’intérieur du lieu, pénétrait dans les poumons. Après l’entière dissolution de la brume, la voûte se dégagea rendant possible l’accès du module inférieur de Météor. En pénétrant dans la sphère basse, tout de suite les visiteurs perçoivent l’étrangeté de la lumière. Rien à voir avec un éclat qui proviendrait d’une ampoule électrique ou de néon, d’une résistance électrique portée au rouge incandescent. Non ! La lueur nimbait l’intérieur d’un éclat particulier : une bouffée de couleur orangée et de violine à la fois. Elle émettait, provenait des parois, sortait du plafond, diffusait du sol.


Cette lumière naissant de toute part envahissait l’enceinte et ne projetait pas d’ombre à la manière d’un scialytique de bloc opératoire.

Une console en forme de couronne s’appuyait sur les parois sphériques intérieures striées. Les écrans, les claviers tactiles, les divers indicateurs de toutes sortes encastrés formaient un ensemble aux lignes futuristes harmonieuses.


A l’étage supérieur, ils découvrirent les chambres, le bloc opératoire, et les réserves.

Une serre bien fournie permettait la production d’aliments nécessaire à l’équipage pour un voyage à durée indéterminée. Des plants génétiquement modifiés assuraient une croissance rapide et les hommes obtiendraient plusieurs récoltes par mois.

 

Ils traversèrent vivement la sphère centrale dans un ascenseur à cage cristalline. Ils entraperçurent des centaines de portes d’accès disposées en spirale, desservies par une rampe hélicoïdale. Derrière chaque porte se dissimulait un élément du mystère de la propulsion de l’engin.


La vue de toutes ses portes troublait ; on s’imaginait dans une prison : pas étonnant – car ici – il existait un grand secret à garder !

Ils débouchèrent dans la sphère supérieure. D’ici non seulement on voyait l’extérieur, mais on s’y croirait. On ne distinguait nul élément de la structure qui pourrait gêner ou gâter la visibilité. Plus de mur sphérique bouchant l’horizon, pas de poutre obstruant le panorama, aucun reflet comme avec le verre : une parfaite transparence.

On apercevait la voûte céleste sans aucune interférence. Impressionnant !


En « plein vol » les astronautes devaient ressentir un prodigieux vertige !

 

D’ici les visiteurs croyaient flotter dans les airs. Grisés par le vide, ils s’imaginaient pouvoir percer les secrets d’un nouveau firmament et de lire dedans comme à ciel ouvert !

...à suivre

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l'étrange nuit où T L quitta l'Univers 2011

Réunion de famille chez les Léonne


Ayant énoncé ses théories au Monde, et, plus que jamais fermement convaincu, il s’imposait de se trouver le premier à s’engager pour le grand voyage de la Découverte. Il désirait contrôler et juger de la véracité de ses propos avec ses propres sens. Il annoncerait lui-même au monde que ses hypothèses se vérifiaient exactes !

 

Son épouse parfaite qui partageait entièrement ses idées, désirait l’accompagner pour le soutenir en cas d’épreuves.

Pour cela, ils doivent renoncer à leurs enfants. Un énorme sacrifice ! Quand ils reviendront, les adolescents vivront en adultes, mariés sans doute. Ils découvriront leurs petits-enfants. A cette évocation, leurs yeux s’embuent de larmes.

 

Leur choix – un cas de force majeur – ne pouvait faire débat.

 

En attendant leur retour les gamins vivront quelques années chez leur tante et leur oncle avec qui ils s’entendent très bien et qui les choieront de tout leurs coeurs.

Et puis, le responsable de la mission les assurait, les rassurait en leur expliquant en jurant qu’ils resteront en liaisons constantes avec leurs parents.


Thomas et Luce savent bien que les enfants désolés, abandonnés pleureront de leurs séparations.

Et il en allait réciproquement !

 

Leurs enfants peu heureux que « La Théorie » obtienne la priorité sur eux ressentent et comprennent que leurs parents doivent s’accomplir à travers leur mission. Resteraient-ils sur Terre qu’ils retomberaient sans cesse dans les troubles infinis du Doute et des Si, d’un dilemme agaçant et permanent ! Du Oui ou du Non ?

 

Toutes ces bonnes dispositions – prises à contrecœur – tombaient très bien car à l’autre bout du monde, « On » cherchait par tous les moyens à se débarrasser du cas Thomas Léonne.


Adieux

Sur le tarmac, la séance des adieux – rendue plus solennelle par la perte de la première expédition – s’éternisa.


Les embrassades, les poignées de mains, les congratulations, les étreintes, les contacts épidermiques, les caresses, les baisers et les effusions aboutirent à déclencher, à déboucher des torrents de larmes.


Vinrent les discours, les phrases d’encouragement, les speetchs, les slogans, les prêchi-prêcha, les formules toutes prêtes, les dictons, les sermons, les harangues, les stimulations, les exhortations qui provoquèrent frissons et chair de poule, qui firent dresser les cheveux tout debout sur les têtes, qui tirèrent, extirpèrent les larmes des yeux.


Quelques-uns plus sensibles en claquèrent des dents tant la tension émouvait.

 

Une grosse consolation : avec leur départ, les futurs expatriés s’affranchissaient du régime imposable.

...à suivre

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Sourires jaune

Des hommes et des femmes subissaient des tests sévères de sélection pour constituer l’équipage de la seconde mission. Il se composerait donc:

 

- De scientifiques, d’astronomes, de chimistes.

- De chirurgiens, de docteurs,

- D’obstétriciens gynécologues puisque le programme prévoyait d’établir une descendance si le voyage s’éternisait.

- De psychologues pour pallier aux conséquences d’une longue claustrophobie. Mais ne s’en trouveraient-ils pas eux-mêmes les premiers atteints ? Ne se verraient-ils pas les premières victimes à succomber à l’isolement du cocon ?

- D’informaticiens, de programmeurs, d’électromécaniciens.

- De hauts ingénieurs affectés particulièrement à la propulsion et qui ne lâcheraient pas un iota du secret. Malgré leurs âges leurs compétences particulières pouvaient s’avérer très utile !

- De spécialistes des radios communications pour améliorer constamment le matériel. Les fiches d’instructions des modifications leur parviendraient de la Terre.

- D’agronomes et de jardiniers chargés de la serre.

- Des indispensables cuistots.

- De l’ami Thom, Thomas Léonne et de son épouse Luce.

 

L’eau douce indispensable à la survie de l’équipage se recyclerait en permanence en traversant de puissants filtres. Hommes et moyens matériels réunis se trouvaient fins prêts pour effectuer le grand voyage qui les emmènerait découvrir d’autres horizons, d’autres mondes tels Marco Polo, Vasco de Gama, Christophe Colomb, Charcot, Amundsen et tant d’autres. Ils contribueraient à ébaucher la cartographie de notre Entité.

 

On octroierait un nom fort à cette mission. On lança un appel d’offres à suggestions.

Des propositions fusèrent : « Sentinelle »,  « Veilleur », « Connaissance », « Destin », « Savoir », « Nouveau Monde », « Mission Léonne », « Espoir », « Futura », « la Nina », « la Pinta »,  « la  Santa Maria » ou « le Point d’interrogation » comme l’avion de Lindbergh.

 

« Sentinelle » apparaissait trop guerrier ; « Christophe Colomb et ses caravelles » ne représentaient pas un modèle de référence pacifique vu tous les massacres qui s’ensuivirent commis par d’autres ; le « Point d’interrogation » ne se pointa jamais à l’arrivée ; « Nouveau Monde » faisait un peu terne ; un peu « rue nouvelle » qu’on oubliait de débaptiser quand elle devenait vieille rue.


« Mission Léonne » ne risquait pas d’obtenir les faveurs du jury : le nom de Léonne devait absolument se faire oublier et disparaître, ne plus jamais se prononcer !

 

Après délibération, la mission se dénommerait « Espérance »

Espérance se révélait représenter l’unanimité des sélectionneurs vue que l’Humanité ne vivait que d’espoirs depuis toujours. Un consensus ! Autant s’y arrêter et adhérer.

 

Le jour J approchait ; les rires Joyeux se décomposaient en « sous rires » se rapprochaient aussi du J, du Jaune pâle !


Adieu et à jamais !


Sur le tarmac, la séance des adieux – rendue plus solennelle par la perte de la première expédition – s’éternisa.

Les embrassades, les poignées de mains, les congratulations, les étreintes, les contacts épidermiques, les caresses, les baisers et les effusions aboutirent à déclencher, à déboucher des torrents de larmes.


Vinrent les discours, les phrases d’encouragement, les speetchs, les slogans, les prêchi-prêcha, les formules toutes prêtes, les dictons, les sermons, les harangues, les stimulations, les exhortations qui provoquèrent frissons et chair de poule, qui firent dresser les cheveux tout debout sur les têtes, qui tirèrent, extirpèrent les larmes des yeux.


Quelques-uns plus sensibles en claquèrent des dents tant la tension émouvait.

 

Une grosse consolation : avec leur départ, les futurs expatriés s’affranchissaient du régime imposable.

...à suivre

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