Visite guidée et privée
à bord de Météor
Ils suivaient, ils collaient le militaire au plus près, serrés, pressés, agglutinés – de peur que le dernier arrivé soit puni et privé de visite. Installés sur la calotte sphérique, le gradé envoya un ordre via la télécommande. En réponse, ils s’élevèrent sans bruit d’un mouvement doux et régulier. La nacelle ralentit puis s’immobilisa arrimée. Un fort bruit de cliquetis laissait deviner un verrouillage musclé.
Ils se trouvaient dans un sas possédant un dôme demi sphérique lisse. Un brouillard aseptisant envahissait et saturait l’intérieur du lieu, pénétrait dans les poumons. Après l’entière dissolution de la brume, la voûte se dégagea rendant possible l’accès du module inférieur de Météor. En pénétrant dans la sphère basse, tout de suite les visiteurs perçoivent l’étrangeté de la lumière. Rien à voir avec un éclat qui proviendrait d’une ampoule électrique ou de néon, d’une résistance électrique portée au rouge incandescent. Non ! La lueur nimbait l’intérieur d’un éclat particulier : une bouffée de couleur orangée et de violine à la fois. Elle émettait, provenait des parois, sortait du plafond, diffusait du sol.
Cette lumière naissant de toute part envahissait l’enceinte et ne projetait pas d’ombre à la manière d’un scialytique de bloc opératoire.
Une console en forme de couronne s’appuyait sur les parois sphériques intérieures striées. Les écrans, les claviers tactiles, les divers indicateurs de toutes sortes encastrés formaient un ensemble aux lignes futuristes harmonieuses.
A l’étage supérieur, ils découvrirent les chambres, le bloc opératoire, et les réserves.
Une serre bien fournie permettait la production d’aliments nécessaire à l’équipage pour un voyage à durée indéterminée. Des plants génétiquement modifiés assuraient une croissance rapide et les hommes obtiendraient plusieurs récoltes par mois.
Ils traversèrent vivement la sphère centrale dans un ascenseur à cage cristalline. Ils entraperçurent des centaines de portes d’accès disposées en spirale, desservies par une rampe hélicoïdale. Derrière chaque porte se dissimulait un élément du mystère de la propulsion de l’engin.
La vue de toutes ses portes troublait ; on s’imaginait dans une prison : pas étonnant – car ici – il existait un grand secret à garder !
Ils débouchèrent dans la sphère supérieure. D’ici non seulement on voyait l’extérieur, mais on s’y croirait. On ne distinguait nul élément de la structure qui pourrait gêner ou gâter la visibilité. Plus de mur sphérique bouchant l’horizon, pas de poutre obstruant le panorama, aucun reflet comme avec le verre : une parfaite transparence.
On apercevait la voûte céleste sans aucune interférence. Impressionnant !
En « plein vol » les astronautes devaient ressentir un prodigieux vertige !
D’ici les visiteurs croyaient flotter dans les airs. Grisés par le vide, ils s’imaginaient pouvoir percer les secrets d’un nouveau firmament et de lire dedans comme à ciel ouvert !
...à suivre
daniel
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