Coups de bisous sur les mines

 

Une information tombait sur les quelques télescripteurs rescapés et délabrés, sur les modernes ordinateurs à IVG (Internet à Vitesse Galopante) : il y aurait eu de graves explosions sur les mines un peu partout dans le monde : sûrement encore une vague d'attentats.

 

L'affaire était grave !


 


 

Une affaire retentissante. Une affaire qui allait faire beaucoup de bruit ! Pensez ! Partout dans le monde, à la même heure, au même instant, simultanément il y avait eu "un coup de bisous sur les mines". Des vagues de bons gros bisous câlins, claquants et retentissants !

 

Les peuples enhardis s'embrassaient et faisaient fi des recommandations gouvernementales qui voyaient d'un mauvais œil tous ces gens qui pactisaient, qui s'embrassaient en faisant claquer des bisous aussi forts que des coups de grisous.

 

Ça tombait sur les mines un peu anthracites ; ça claquait sur les bouilles un peu annamites ; ça s'écrasait sur les visages pâles ou sur les frimousses rouges…Bref, ça bisoutait partout !

 

C'était le Bonheur !

 

Depuis bien longtemps les pistolets restaient muets dans les holsters, les grenades lacrymogène n'éclataient pas partout et les matraques à "bisous bleus" ballottaient ligotées, pendues à la ceinture.


Vraiment ce jour d'explosions de bisous sur les mines était un jour "double Bonheur" !

Par daniel3 - Publié dans : 004 : Coups de coeur - Communauté : Etre pour les autres.
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Un cri d'agonie dans la nuit

 

Les laitiers étaient passés à l'antenne encore hier soir entre la poire et le fromage ou l'inverse. Entre deux mimiques mi-figue mi-raisin du speaker faussement contrit ou de mi-sourires mi-grimaces contenus de speakerine, les laitiers chauds bouillants, le caractère un tantinet soupe au lait, montraient leurs désarrois et exprimaient leurs doléances. Ils livraient en pâture à l'audimat la goutte en trop qui faisait déborder le pot !!

La-dessus, la météo, le temps de demain et celui incertain d'après demain et bonsoir M'sieurs-dames !

 

Un cri dans la nuit m'avait réveillé. Un cri d'agonie ! Quelqu'un mourrait !

 

C'était le cri du laitier qui mourrait ! On lui achetait son lait plus bas que ce qu'il lui revenait, on lui "offrait" un prix inférieur à celui de son prix de revient.

 

Son cri se perdait dans la nuit. Avec les autres ! Tant d'autres…

 

A Bruxelles, "les cols blancs" avaient décidé du prix pour lui, ils croyaient le laitier plus bête que ses bêtes et ils étaient convaincus que le trayeur ne savait pas compter, qu'il ne savait compter que jusqu'à quatre pis.

 

Serais-je devenu dans la nuit un révolutionnaire, un contestataire, un "contre-évolutionnaire" ? Non, je ne le pense pas ! Non, j'avais honte ! J'étais un homme en colère !

 

Des autres déjà avaient crié qu'avec leurs pommes à bas prix ils allaient mourir de faim : si "On" ne leur payait pas le kilo de pommes plus cher qu'il ne coûtait à cueillir. Une évidence de bon sens.

Mais non les sourds restaient sourds : les pommes à nourrir pourriraient sur l'arbre, le bon lait irait dans le caniveau…ect, ect….

 

Etait-ce vrai ou était-ce faux ce qu'affirmaient les producteurs. Qu'en sais-je ?

 

Mais un cri d'agonie qui te réveille dans la nuit ne te réveille pas pour rien.


 


 

Pour savoir si c'était vrai ou faux, il fallait ouvrir le livre de comptes du producteur et lui dire : là, tu pourrais gagner quelques centimes et ici, tu pourrais faire mieux en cela ; et s'il n'y avait plus rien à améliorer et qu'il vendait à perte, il fallait rectifier le prix d'achat ou lui dire carrément on ne veut plus de toi : laissons mourir et pourrir les pommes sur l'arbre, jetons, versons, déversons le lait dans les caniveaux.

 

Connaissez-vous ici, voyez-vous là ou quelque part dans le Monde quelqu'un qui serait dans le besoin de pommes, qui voudrait bien boire un verre de lait ?


 


 

Laissons-les peut-être fixer leurs prix de producteur à consommateur, un prix fixé du pis au biberon d'un bon lait frais livré tétine en main !

 

Un cri dans la nuit c'était comme un trop plein, comme un avertissement, comme une sirène ou un tocsin.

 

Le lait bouillait et finirait par déborder sur le feu !

 

daniel avatar daniel

14/9/2009

Par daniel3 - Publié dans : 006 : Petit fait de la vie courante... - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Le mal de Mère

 

Une image floue, en trompe-l'œil, flottait, dansait, vibrait au loin sur des flots de vagues agitées.

 

Tantôt il apparaissait qu'elle allait se noyer et disparaître, tantôt il naissait l'impression qu'elle allait marcher sur les flots salés et venir courir se jeter à sa rencontre.

 


 

Une image inoubliable ressurgissait, ressuscitait au cœur des mers jumelles débordantes d'Amour.

Sur fond de mer bleue, comme trop loin au large, comme pas assez près des yeux, débarquait son merveilleux souvenir. Mieux son image intacte !

 

Les trop longues années passées sans Elle n'avaient pas réussi à effacer le moindre souvenir. Ce Temps insupportable qui l'avait privé de sa Mère n'avait rien estompé de son visage.

 

Le front de Mère était toujours aussi beau. Ses yeux aussi ! Ses cheveux flottaient, comme avant, comme soufflés par un vent imaginaire. Le soleil comme auréole, vraiment Mère était belle et elle semblait être venue dire qu'elle veillait sur son enfant, chaque jour, et qu'elle continuait de l'aimer comme elle l'avait toujours fait !

 

A l'image un instant stabilisée sur le haut des déferlantes, "l'adulte-enfant" avouait l'aimer comme jamais !

 

Possible qu'elle débarque voir ce que son enfant était devenu sans elle, qu'elle vienne prendre des nouvelles de la vieillesse de son gamin et qu'elle s'informe s'il allait falloir bientôt ajouter un couvert supplémentaire, là-haut !

 

L'image dansait, flottait, ballottée par les larmes, secouée par des torrents de larmes.

 

L'image disparaissait noyée, engloutie dans les eaux chagrines des mers en forme de cœur.


Il faudrait attendre on ne sait combien de temps pour retrouver Mère, il fallait attendre que les mers se ferment ; il fallait, il faudrait prendre son Mal en patience.








Par daniel3 - Publié dans : 002 : Les fées mères - Communauté : Etre pour les autres.
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