Partager l'article ! 013 - Berceau 4224 !: Un homme affolé montait quatre à quatre les marches d'une maternité. Il courait découvrir s ...
Un homme affolé montait quatre à quatre les marches d'une maternité. Il courait découvrir son bébé fraîchement né. Prévenu trop tard
Bébé n'avait pas voulu l'attendre pour naître.
L'homme essoufflé s'adresse à l'hôtesse d'accueil, perd du temps à donner tous les renseignements nécessaires et à répondre poliment à toutes les questions hors sujets.
Il finit par recevoir le renseignement tant attendu :
Berceau 4224 !
Rouge comme un coq, époumoné, l'homme arrive au quatrième étage après avoir emprunté l'escalier persuadé d'aller plus vite que l'ascenseur.
Dans la salle, des centaines de berceaux rose et bleu se trouvaient alignés au carré. Des berceaux garnis de petits êtres vivants qui soit dormaient à poings fermés soit piaillaient pour quémander un biberon qu'on leur accorderait ou qui sait demander les toilettes qu'on leur refuserait.
Il faut expliquer que presque la totalité des maternités avaient été fermées un peu partout parce que plus assez modernes (structures et matériels vieillots, démodés, désuets ; personnel dépassé, pas top suivant les dires).
A force de fermer, de clore les salles d'accouchements et de lourder les sages-femmes il ne resta plus qu'une seule maternité régionale et donc il ne restait plus d'autres choix à toutes les femmes que de venir accoucher dans celle-ci.

Son nouveau-né à lui, son bébé chéri, son baby à bibi, mais où l'avaient-ils caché ?
Devant la quantité de berceaux la tâche s'avérait presque impossible
Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, autant vouloir dénicher le trésor des templiers parmi toutes les forêts ou pire chercher une place numérotée dans un wagon de voyageurs.
Bref, le papa questionna les infirmières débordées pour qu'elles lui indiquent "le mode de classement" des berceaux.
Tout bonnement ils n'étaient pas classés : pas le temps, trop cher
Les prioritaires passaient les premiers : les soiffards, les biberonneurs, les couineurs nés.
A cause des restrictions budgétaires le personnel était insuffisant en nombre et ici on pratiquait le travail à la chaîne : il y avait les donneuses de premier bain qui passaient ensuite le nouveau-né aux lave-nez et torche-nez qui refilaient le bébé aux colleuses de couches. Ensuite venait le coup de peigne et le lavage de dent (pour ceux qui venaient au monde avec une dent)
Le père impressionné, interloqué prend son courage à deux mains et se met à la recherche de son enfant perdu dans la jungle de berceaux sans ordre
4101, 4438, 4223, 4000…..4150, 4225, 4205, 4224 !
Enfin ! Le père se trouvait devant le berceau rose 4224 dans lequel sa fille gigotait les jambes comme si elle était tombée dans un boisseau de puces et qui tendait ses toutes petites menottes vers son père pour lui montrer qu'elle était heureuse de l'accueillir et voulait le prendre dans ses bras.
Daniel
PS : la mère dort dans sa chambre et se porte bien
Derniers Commentaires