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Le nouveau job "marchait" pas mal du tout et employait déjà beaucoup d'agents de la Paix : des anges zélés et dévoués.
Les écoles fleurissaient partout. "La maladie d'amour" du job gagnait du terrain sur son adversaire "la bousillure" !
La première leçon enseignait les rudiments du métier :
"Pour faire la Paix avec les Autres, il faut commencer par faire la Paix en soi." [daniel]
La seconde leçon citait des personnages nettement et hautement plus célèbres :
"Qui vit en paix avec lui-même vit en paix avec l'univers." [Marc-Aurèle]
"La paix, si jamais elle existe, ne reposera pas sur la crainte de la guerre mais sur l'amour de la paix." [Julien Benda] Extrait de La Trahison des clercs
"Pour qu'il y ait la paix sur la terre, il faudra que tous les êtres soient intérieurement en paix." [Claude Chénier] Extrait d'Ultimatum
"Sans progrès, il n'y a pas de paix possible. Sans paix, il n'y a pas de progrès possible." [Kofi Annan]
Puis de fil en aiguille le Bonheur se répandit : quelqu'un venait de lancer encore un nouveau job : préparateur du Chef d'Etat à l'examen de Paix ! Un diplôme indispensable, une condition Sine qua non pour devenir un dirigeant exemplaire.
Mais ce nouveau job, quoique bourré de bonnes intentions, poussait de grandes quantités de gens au chômage.
Le ministère de naguère, l'ex-ministère de la Guerre - celui à rendre un tas de gens malheureux pour en contenter un seul - chômait, et il fallait reclasser toute sa troupe employée hier à fabriquer des êtres handicapés à vie, des estropiés irréversibles rendus invisibles puisqu'ils ne pouvaient plus sortir de chez eux ; ou de transformer des "Bons vivants" en "Saignés sans veine" par un coup de mitraillette magique ; ou de les faire passer d'un claquement sec de fusil de vie à trépas.
Le ministère d'Etat de la Guerre, le responsable de la machine à "escofier" et à transformer en un rien de temps des tas d'Hommes valides en PMR (personne à mobilité réduite) devait être reconverti, réorienté ainsi que toutes les usines annexées au monde des "Pipious".
Il fallait s'atteler dare-dare à la tâche ardue !
Les tireurs d'élite, les snipers, les "dégommeurs-zigouilleurs" professionnels devaient faire une croix sur leurs carrières et se recycler en "recolleurs-colmateurs-essuyeurs" de plâtres ou en ramasseurs de balles sur les terrains de jeux.
Les bousilleurs de santé étaient infusés, réaffectés d'office à l'office de la Grande Tisanerie aux vertus apaisantes.
Les fabricants de grenades qui avaient pris les gens pour des billes sautaient à pieds-joints sur l'occasion pour se reconvertir soit en manufactures de biscaïens soit en "cueille-rire" : des preneurs de sons allant recueillir, moissonner, glaner les meilleurs éclats de rire des gens vivant en Paix.
Les artificiers et canonniers tireraient d'autres des feux d'artifices : des feux d'artifices pour saluer la Paix, bien entendu !
Les chirurgiens amputeurs pour ne pas "perdre la main" iraient tronçonner les arbres abattus, fauchés par la Grande tempête ou implanter des nouvelles pousses d'ifs sur des fronts fertiles.
Les usines de béquilles et de cannes (blanche) se reconvertiraient en fabriques de bâtons de pèlerins ...
Les sentinelles, les espions, les guetteurs, les épieurs aux yeux de fouines partiraient bosser chez "quat'z'yeux" l'opticien du coin.
Les industries du blindés rectifieraient leurs positions et muteraient en fabricants de chars fleuris pour kermesses.
Ceux qui défilaient le mieux au pas pourraient prétendre à postuler aux places de meneurs de revues au théâtre de la Paix
Les femmes à soldats se retrouvaient elles aussi sur la paille, mais personne ne s'inquiétait pour elles, elles sauraient toutes seules se reclasser, se recaser et trouver "godillo" à leurs pieds.
L'agent 007 promu en 008 échangerait son permis de tuer contre un permis d'aimer.
Les mitrailleurs, "les hacheurs de personnes" iraient travailler en cuisine à faire du persillé, du haché ou du râpé.
A l'occasion de ce "Plan Social de Paix" il n'était pas question d'en laisser un seul au chômage, à ne rien faire et à se morfondre, à choper une dépression.
Au "Chef des Armées" on confia un gros boulot à la Croix Rouge ou à la Verte : gérer les stocks des petits rouleaux de bandes
"Velpeau"
[/// /// ///] Un peu d'humour :
Restait le chef suprême des Armées à désarmer et à reclasser, celui qui - jours et nuits - s'entraînait les doigts à presser sur un bouton rouge (nucléaire) un emploi comme liftier lui offrirait la possibilité de tripatouiller les boutons avec ses doigts et lui permettrait de continuer à tourner comme un lion en cage (d'ascenseur)
L'ex troupe de "démolition de bonne santé" retrouve du travail.
Les petits cours de Paix firent des grandes rivières de Paix qui eux mêmes alimentèrent de longs fleuves tranquilles.
Et c'est ainsi que les grands bras des fleuves de Paix finirent par se jeter aux cous des grands Océans de Paix !
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