Partager l'article ! 009 - Troyes - Le monument des Enfants de l'Aube: Le monument des Enfants de l'Aube Lorsque l'on arriv ...
Lorsque l'on arrive à Troyes par le train sans connaître la ville, une des premières images que l'on aperçoit est le monument des Enfants de l'Aube.
Un édifice de la fin du XIX ème siècle est installé devant la gare. Tout monument exprime la volonté de marquer un espace, d'affirmer une identité, de symboliser un événement majeur.

Le monument des Enfants de l'Aube est né en 1890 d'une initiative d'anciens militaires soucieux de rappeler les sacrifices humains de la défaite.
Le monument est aussi le témoin de l'opinion à une époque donnée.

Les bronzes représentent une vision héroïque de la défaite, mais vingt ans après, et à deux niveaux : national et local. La Nation est rappelée par la charge de Reichshoffen (7 août 1870). La région est signifiée par la mort héroïque d'un Champenois.
La colonne est entourée d'une frise en bronze de combattants
Le nombre et la diversité des personnages de tous âges sont impressionnants. Fantassins, zouaves, cavaliers, les uns blessés, les autres valides, et en tout cas bien déterminés à tirer jusqu’à leur dernière cartouche.


Le marbre, quant à lui, annonce l'avenir. Une femme est humiliée par la mort de son fils aîné tandis
que son plus jeune est prêt à le relever. Derrière le monument, un forgeron travaille aux armes de la Revanche.
Un monument aubois dans sa conception
937 noms de jeunes gens du département tués pendant la guerre furent recueillis (26 avril 1877). Le choix des noms fut difficile, il s'agissait de reconnaître le sacrifice de la jeunesse auboise.
Le choix des artistes est plus éclairant.
Désiré Briden est né à la Chapelle Saint Luc le 18 septembre 1850 et décédé le 23 novembre 1936, ancien combattant de l'armée de Bourbaki, se chargea des Bronzes.
Le marbre sera exécuté par Alfred Boucher, né à Bouy sur Orvin en 1850 et mort à Aix les Bains le 18 août 1934.
Formé à l'école de dessin de Troyes, les études de Dériré Briden sont interrompues par la guerre de 1870 durant laquelle il est incorporé. Il reprend ses études en 1874 à Paris grâce à une bourse du Conseil Général de l'Aube. L'année suivante, il entre à l'Ecole des Beaux-Arts où il a pour maîtres Dumont et Thomas. Il y reste jusqu'en 1885.
Parallèlement à ses études, il expose l'une de ses sculptures, le buste du mécanicien troyen Gambey au Salon de 1881 ; ses œuvres y figurent, irrégulièrement, jusqu'en 1913.
Désiré Briden semble avoir eu une carrière parisienne jusqu'en 1894 ou 1895, date à laquelle il est appelé par son cousin Honoré Nicot, pour travailler à la Sainterie de Vendeuvre. Il s'installe ensuite à Troyes vers 1897. De 1904 jusqu'à l'année de sa mort en 1936, il assume la charge de directeur de l'école municipale des Beaux-Arts de Troyes.
Désiré Briden a beaucoup produit jusqu'à la Première Guerre mondiale, en particulier des bustes et médaillons. Il est considéré comme le sculpteur troyen par excellence : il exécuta plusieurs monuments, réalisa les portraits en buste ou médaillons de nombre de ses concitoyens. Il est également l'auteur d'œuvres malheureusement disparues (les bronzes ayant été pris puis fondus par les Allemands lors de la dernière guerre mondiale) : Buste de la République pour la Préfecture (1899), Monument aux Bienfaiteurs de la ville de Troyes (1900, place Jean Jaurès), Vase monumental à la gloire du vin (1903, jardin de Chevreuse).
de Désiré Briden : "Le Vin"
Alfred Boucher - sculpteur
Au sommet de sa célébrité, il est couronné par le Grand Prix de sculpture de l'Exposition universelle de 1900 et continue à travailler. Après la Grande Guerre, utilisant un nouveau matériau, le ciment armé, Alfred Boucher réalisera encore, à la fin de sa vie, les monuments aux Morts de Nogent-sur-Seine (1920), et d'Aix-les-Bains (1922).
Fidèle à la ville qui l'avait soutenu dans ses années de formation, il a fondé en 1902 le musée de Nogent-sur-Seine (musée Paul Dubois - Alfred Boucher) qui abrite certaines de ses œuvres. Généreux et philanthrope, il a créé aussi la même année la Ruche pour aider les jeunes artistes en faisant aménager pour eux des ateliers dans le Quartier du Montparnasse en récupérant un pavillon de l'Exposition universelle.
Il a eu aussi un rôle de formateur pour la génération suivante en encourageant les talents de Laure Coutan ou de Camille Claudel.
Sources du Net
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