Partager l'article ! LE ROMAN §11 - page 4 / Idées de guingois: Idées de guingois Olaf, ne parvenait pas à trouver l ...
Olaf, ne parvenait pas à trouver le sommeil. Il réfléchissait trop à "Sa Terre" qu’il quittait, qu’il abandonnait sciemment. Une Terre rendue bien compliquée, bien complexe, parce que pour gagner leur pain de tous les jours, les gens s’échinaient à tout remettre en question, se martyrisaient le cerveau à poser des questions biscornues pour pouvoir trouver, inventer des solutions gagne-pain.
Ils cherchaient absolument des solutions à tout. Ils exigeaient des preuves scientifiques. Ils s’acharnaient à tout poser en équations - en X, en Y et en 3D – même si des réponses simples et évidentes les aveuglaient.
Ils tentaient de résoudre des problèmes qu’ils se créaient ou bien qu’ils se recréaient en cas de doute, qu'ils compliquaient en cas de nécessité.
Devait-on éternellement rappeler sans cesse que le pire ennemi de l’homme, c’était lui même.
Ainsi après Charlemagne dans les années 800, voilà qu’au vingt et unième siècle, après moult réformes effectuées par des brillants dirigeants issus des Grandes Écoles « L’élite Educative » se reposait la question de l’apprentissage de la lecture aux bambins. Après des siècles d’expériences, cet enseignement parvenu à instruire des centaines de millions de personnes ne faisait plus l’affaire. Voilà que des ministres de l’éducation moderne, des directeurs d’école, des professeurs de collège, étudiaient assidûment encore quelle méthode à adopter et à appliquer pour l’apprentissage de la lecture pour la langue maternelle des tout-petits.
Une vieille méthode qui de temps à autre reprenait du service en cachette
De qui se moquait-on ?
Si la situation – un cas d’école – ne relevait pas du ridicule, les parents en riraient.
Prises pourtant avec un fort recul de la Terre, toutes ces réflexions n’aidaient pas Olaf à s’endormir !
Assis devant les pupitres de contrôles et de commandes, l’équipage surveillait le bon déroulement du programme spatial ; aucun témoin lumineux rouge ni ne luisait, ni ne clignotait.
Le poste central baignait dans les apaisantes couleurs bleutées du ciel terrestre reconstitué. Les discrets éclats des voyants vert gazon signifiaient que tout fonctionnait parfaitement.
La milliasse de kilomètres parcourus exprimés en Parsec s’affichait au compteur sous forme de 109 (en milliards)
Une Année Lumière représente la distance parcourue par la lumière en une année.
Un Parsec = 3,26 Années Lumière = 3,085×10 13 kilomètres = 30 850 000 000 000 kilomètres
= 30 850 milliards de kilomètres.
A bord, les horloges conservaient le temps terrestre, ce qui assurait aux hommes des repères physiologiques comme les cycles de repas, de repos et de sommeil. Les longues heures s’écoulaient ; les jours sans fin s'entassaient et se transformaient en mois interminables.
Chacun remplissait sa tâche sérieusement. Comme il ne survenait rien de fâcheux, la bonne humeur – enfin retrouvée – se placardait sur les mines, les yeux pétillaient de malices et l'équipage devisait.
L'un ou l'autre évoquait déjà les souvenirs d’antan de la bonne vieille Terre : les joies et les malheurs de Là-bas, les cocasseries, les bizarreries, les arnaques, les aventures amoureuses et les cocufiages.
Bref, à les entendre avec leurs ragots on croirait déjà des vieux !
Un coup de cafard harponnait quelquefois, l'un pensait à ceux qu’on laissait, l'autre songeait amèrement à ceux qu’il abandonnait pour une mission folle sans retour. L'une regrettait, l'autre déplorait, chacun se reprochait un petit quelque chose, tout le monde se repentait d'un rien ; mais nul ne pouvait plus faire marche arrière.
Profitant des silences, l’esprit s’égarait et rejoignait ses origines. Il faisait doux de repenser à ses parents ; à son père, un peu dur parfois mais qui finalement aimait tant son rejeton ; à sa mère, à son sein maternel, à ses judicieux conseils, à sa protection permanente.
L’esprit continua de dériver et faisait revivre à celle-ci sa première rencontre chavirante de l’être aimé.
La pensée aiguillonnée infiltrait ses sens pour lui remémorer les délicieux préliminaires amoureux, les doux effleurements des peaux lisses, les premiers tendres baisers, la première chaude nuit d’amour…
"Logés à la belle étoile" il valait mieux oublier tout ça et regarder "avec un œil de lynx" défiler le paysage à travers le hublot !
à suivre
daniel
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