l'étrange nuit où T L quitta l'Univers 2011

« Météor »


Quelques gros bonnets suaient sous un soleil de plomb – dans un désert aride et torride – conviées à la première présentation, à la divulgation d’un engin extraordinaire. Les hautes autorités attendaient un peu crispés l’heure de la grande révélation.


Accompagné du sifflement aigu de la centrale hydraulique, les trappes s’ouvrirent en se dégageant vers l’intérieur de la fosse. L’ouverture démesurée présageait un engin de grandes dimensions.


Un silence, puis on entendit une nouvelle tonalité aigue. La plateforme élévatrice s’exhumait. Elle supportait Météor et l’émergeait des entrailles des sous-sols. Très lentement, se dévoila un dôme immaculé, étincelant, éblouissant, réfléchissant la lumière à presque cent pour cent, un vrai miroir. Vivement, ils ajustèrent les lunettes protectrices spéciales distribuées par les agents de sécurité. L’assistance – pourtant rodée « ès situations insensées » – demeurait interloquée, médusée par sa beauté. Et ses concepteurs lui prêtaient une vitesse fantastique !


Lorsque le monte-charge s’immobilisa la description de son colis se résumait sommairement ainsi : le vaisseau spatial se composait de trois sphères superposées comportant chacune un anneau. Les éléments centraux dominaient. Le tout reposait sur trois pieds.


Nulle traces de tuyères. L’engin en imposait par sa belle taille. Les premiers convives curieux le comparaient à une fusée « Saturne », mais boursouflée du genre Bibendum Michelin.


Précédant nos questions, le haut militaire gradé expliqua l’absence totale de hublots : des nouveaux matériaux constituaient le dôme supérieur ce qui permettait de voir à travers uniquement de l’intérieur vers l’extérieur. La sphère centrale occupée par le poste de commande et l’unité secrète de propulsion demeuraient opaques. Il précisa aussi que dans les sphères d’extrémité, les voyageurs, baignés dans le cœur de l’espace, ressentaient une impression d’ivresse. D’ailleurs au début, à cause de la vitesse élevée, ils ressentiraient des malaises, des vertiges. Il nécessiterait plusieurs expériences de vols avant de s’adapter.


Quant au mode de propulsion, prétextant la confidentialité militaire, le gradé demeura des plus évasifs en les abandonnant sur leur faim et leur soif de Savoir. Il les laissa dans l’ignorance du secret hermétique lié au principe de déplacement. Même pas un indice – uniquement une seule piste sonore, et encore fallait-il prêter l’oreille !


En fonctionnement, l’engin émettait un bourdonnement de quelques micro décibels seulement, inaudible par l’oreille humaine.

Les anneaux brillaient et rutilaient de la couleur or, semblable à des précieux bijoux bichonnés et apprêtés amoureusement pour la plus belle reine du monde.


Fait étrange, l’anneau central ne détenait pas d’attache avec sa sphère. Les invités privilégiés le découvraient suspendu comme par un puissant champ magnétique ou par lévitation. Les deux autres anneaux s’accrochaient intimement à leur sphère. Leurs interrogations ne reçurent aucune réponse, à part que cela constituait l’originalité technologique permettant d’atteindre des hautes vitesses stables.


Le gradé appuya sur une touche du boîtier de sa télécommande. Sans bruit, un morceau de calotte sphérique inférieure se détacha et s’expatria de sa sphère. Portée par une colonne de guidage et mue par on ne sait quoi elle atteignit le sol offrant l’accès à ses organes secrets. Puis tout s’immobilisa, se figea dans un grand silence.


« Voulez-vous monter à bord ? Désirez vous visitez ? » questionna le gradé pince-sans-rire.

Il connaissait déjà la réponse à ses questions superflues !

...à suivre

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Par daniel3 - Publié dans : LE ROMAN CHAPITRES 12 à 15 - Communauté : Etre pour les autres.
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