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Les arbres ne se plaignent jamais
Les porte-feuilles en avaient assez et bougonnaient ! Ils s'agitaient et levaient les bras en l'air.
Les troncs d'arbres étaient harcelés sans arrêt à toute heure du jour et de la nuit, y compris les nuits sans Lune.
Les arbres étaient agressés en permanence des pieds à la tête et vice-versa par Eole, par Râ, par Vulcain, par Cupidon…à en attraper des bourgeons.
Soit la brute de vent décoiffait les mises en plis des feuillages, balayait les tignasses, défrisait les chevelures dentelées. Les petites feuilles toutes frêles, toutes fragiles, si mignonnes en tremblaient pire que des parkinsoniennes
Soit, c'était les saisons qui s'amusaient à leur colorer et décolorer la tête. Quand à la méchante teigneuse qui teignait tout en blanc, n'en parlons pas !
Les pesticides, les défoliants, les pluies acides les rendaient chauves avant l'heure
Le nucléaire, ce grand hypocrite qui agit sans se montrer et sans odeur, provoque des malformations chez les jeunes pousses.
Le soleil, tapait dur sur le système des drus feuillus.
La Lune infernale, indomptable comme toujours avec ses bonnes et mauvaises lunes colorait les innombrables feuilles soit en noir ou soit décidait de rendre des feuilles blanches.
Le feu terrifiait les porte-feuilles et leur faisait dresser les feuilles tout debout sur les branches.
Le pire c'était l'AFGG (Armée des Fourmis "Guili-Guili") qui piétinaient délicatement et délicieusement l'écorce. Le tronc d'arbre devait faire des efforts pour ne pas se tordre de rire.
Les oliviers ne résistaient pas et se tordaient !
Les fourmis en colonnes descendantes expliquaient aux colonnes montantes en se passant le mot à l'antenne par où la chatouille produisait le plus d'effet : sous les aisselles, là où les branches rejoignent le tronc.
Avec leurs petites pattes fines les colonies de "Guili-Guili" créaient sur les troncs des micros chatouillis et les crises de rire qui en résultaient provoquaient crampes dans les pieds et nouveaux nœuds.
Et puis c'était aussi les gamins qui grimpaient, montaient dans les arbres tels des singes, au risque de casser les branches. Vraiment des comportements insupportables ! Les porte-feuilles voyaient d'un mauvais œil les sacripants venir faire les clowns ou jouer à Tarzan suspendus aux branches.
Les troncs tiraient la tronche !
Là, c'était le clou, le pire du pire : à toute heure du jour et de la nuit les amoureux se sentaient obligés de graver dans l'écorce leurs cœurs entrelacés comme s'il n'existait pas assez de support ailleurs.
Les couples épris gravaient dans le bois dur ou tendre leur amour qu'ils voulaient éternel et greffaient, scellaient leur forfait d'un baiser passionné. Pour cette seule et unique raison qui leur plaisait à ravir les arbres ne se plaignaient jamais.
daniel
le 11/11/2011 à 11h
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