Les misères de Paris

 

Ah ! Paris !

Capitale magique aux beaux monuments, terre de la Culture.

 

J'en reviens ! Ebloui !

Par les vieilles pierres chargées d'Histoire

 

Le nez en l'air et au vent j'admirais bouche bée les splendeurs parisiennes 

C'était beau ! Magnifique !

Joliment entretenu …à grands frais mais les bâtiments superbement remis propre comme un sou neuf rayonnaient ! Il y allait du prestige parisien envers les touristes, l'UNESCO …

La pierre haussmannienne nettoyée et les sculptures bichonnées, éclaircies accrochent le regard.

 

La tour Eiffel géante bien campée sur ses quatre pieds semble me narguer avec ma patte en laine ; sauf que moi je me déplace et pas elle !

 

Le « Grand Palais des Beaux-Arts » redoré, refait à neuf a fière allure et retrouve les couleurs de sa première jeunesse datant de l'exposition universelle 1900.

 

  PanoramiqueGrandPalais.jpg

* façade du Grand Palais

 

Pont_Alexandre_III.jpg

*A ses côtés, le pont Alexandre III est magnifique

Paris la magnifique, Paris la magique !

 

 

Je baisse le nez et mes yeux tombent dans la rue.

Autrefois, ici s'étalait un large boulevard ouvert par Haussmann

Au fil des ans et des réformes il est redevenu une rue étriquée, encombrée

Il n'en reste plus qu'une artère bouchée laissant échapper un filet de voitures

Un terre-plein en pleine rue le séparait d'une voie pour les transports en commun.

Certains véhicules stationnaient dans la voie réservée aux bus, obligeant ce dernier à déboîter et se mélanger au flot saccadé de la circulation avançant par quart de  tour de roues.

Ou des livreurs n'avaient d'autres choix que de stationner sur la voie de circulation et les automobilistes devaient aller empiéter dans la voie Bus.

La chienlit !


Il est loin le temps où l'auto roulait à tombeau ouvert enveloppé d'un énervant concert de klaxons.

Aujourd'hui c'est un jeu d'enfant pour les planches à roulettes, trottinettes et vélo de doubler les coûteux carrosses modernes à moteur mis au pas.

 

 

Les yeux cessant d'être éblouis par la pierre nettoyée, karchérisée et par les dorures des grilles saisirent quelques détails sur le trottoir

J'ai d'abord pensé avoir la berlue : des dizaines de personnes étaient couchées ça et là, prostrées à même le bitume : ici, dans un recoin bétonné ; là, sous un pont ; ailleurs, devant une anfractuosité d'un garage à riches bagnoles.

Non, ce n'est pas possible ! Pas au 21ème siècle.


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Les barbes depuis trop longtemps à l'abandon donnent la dimension de la misère, les fripes qui enveloppent des corps possèdent toutes la même couleur : celle de la crasse !


Traînant leurs abris cartons et leurs sacs de misères ils errent dans les rues, leurs mains serrent si fort le goulot d'un litre qu'on suppose qu'ils veulent l'étrangler ; mais non, ils se grippent au goulot comme une planche de salut, s'y accrochent si fort qu'on croit qu'ils tiennent leur vie entre leurs mains.

 

Ils étaient des milliers d'êtres oubliés, fondus, tellement délayés dans un luxe de dorures qu'ils en devenaient invisibles.


C'est un grand mystère, un mystère de Paris : alors que Mars est à portée de mains d'Homme, "les matières grises toutes confondues" ne trouvent pas de solutions pour loger et accueillir dignement des frères et leurs misères.

 

Paris Misère !

 

800px-Habitat_sous_un_pont_parisien.jpg

 

daniel  avatar daniel

Par daniel3 - Publié dans : 006 : Petit fait de la vie courante... - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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