Quand les tanks escorteront les gamins sur le chemin de l'école

 

 

Ce matin débutaient les essais grandeur nature.


Devant l'état catastrophique du problème posé il avait fallu prendre une décision et utiliser les grands et gros moyens


Un grondement se faisait entendre au loin, et se rapprochait de l'arrêt de bus où les gosses attendaient sagement se battaient de bonne heure déjà pour un oui ou pour un non.


On n'en venait plus à bout des gnards - entre gnons gratuits et racket payant, entre horions et pognons soutirés, entre vols et marché noir -, des mesures énergiques s'imposèrent.


On avait bien tenté la peur du gendarme mais de nos jours les gamins n'avaient guère la trouille de l'uniforme.


Mais c'était un devoir de les instruire à tout prix, sinon quoi en faire ?

 

On avait essayé de les intimider, de les mater avec les notes tondues à double zéro appelées aussi les bulles. Mais rien n'y faisait : les lycéens, collégiens, "maternelliens" s'en moquaient comme de leur premier biberon. Pas question de les "coller" ou de leur donner des lignes à copier à la maison : leurs plannings étaient surbookés par trop de jeux qui les attendaient dans la famille.


Les garnements s'en donnaient à cœur joie allant du chahut incontrôlable au bazar indescriptible,  usant et abusant de toutes les formes de "malpolitesses" et d'incivilités


Les chauffeurs de bus de ramassage scolaire, les instits, les profs, les cantinières tombaient dans la dépression comme des mouches dans la soupe.

 

On n'y croyait pas ! On se pinçait pour être sûr de ne pas vivre un cauchemar.

 

Les chenilles s'étaient bloquées à l'arrêt de bus !

 

Les hauts comme trois pommes – des petits trognons à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession -, les grandes asperges s'alignaient en rangs d'oignons silencieux pour pénétrer dans le bus de ramassage.

 

L'entrée du bus transformée en portique de sécurité passait les sacs des écoliers aux détecteurs et piquaient les bouquins de lecture illustrée "Luilui et Toto", les coutelas, les lance-pierres, les crayons de couleur laser, les cutters, les gammes Boy's…,

 

Le bus se mit en route suivit par le tank pour prévenir les agressions en tous genres sur le chemin de l'école.

C'était un convoi bien étrange que les gens regardaient passer : certains en rigolaient et d'autres pleuraient de voir un tel cortège.

 

 

 

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Par daniel3 - Publié dans : 013 : ça se passera comme ça demain - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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